L’actualité de la formation professionnelle de l’UNSA - Form' Prof - juillet-aout 2018

Form'prof.JPGLa parution Form’Prof n°162 vient de paraitre

Au sommaire:

  • L’édito
  • Page 2 : Le volet Formation du projet de Loi en débat
  • Page 3 : Les « derniers travaux » du CNEFOP et L’AFEST ou le récit d’une expérimentation réussie
  • Page 4 : Réforme de l’apprentissage

Pour le consulter, cliquer ici

Vous trouverez l’édito de Vanessa Jereb ci-après

Un texte loin de la simplification pour les actifs !

Le projet de Loi « Pour choisir son avenir professionnel » a été examiné par le Sénat fin juin. Le texte final en procédure accélérée (une seule lecture au lieu de deux par l’Assemblée nationale et le Sénat) devrait être adopté au cours de l’été.

La méthode adoptée par le gouvernement, l’absence de dialogue sur les transformations envisagées, notamment sur l’articulation nationale et régionale de la gouvernance, le « flou » persistant (de nombreux points seront précisés par décret) nous interrogent et sont source d’inquiétudes.

Simplifier le système de la formation professionnelle (initiale et continue), réformer pour cela sa gouvernance et ses financements, en adoptant le principe d’une collecte unique confiée aux URSSAF, ne nous posent pas de problèmes de fond. À la condition cependant que cela permette au final de réels progrès, pour faciliter l’accès de tous les actifs à la formation, tout au long de leur vie professionnelle, et sécuriser ainsi leurs parcours personnels et professionnels.

Dans cette logique, après les ordonnances travail qui ont donné plus de flexibilité aux entreprises, c’est l’accompagnement des actifs tout au long de leur vie professionnelle qui devrait être privilégié pour plus de sécurité. Or, ce n’est pas le cas objectivement dans le projet de Loi, contrairement à l’ANI de février qui mettait l’accent sur cette nécessité de mieux accompagner les actifs et en priorité les publics les plus fragilisés dans l’emploi, les moins qualifiés.

Le choix de monétiser le CPF, pour lequel l’UNSA est opposée, va laisser l’individu isolé, sans conseils appropriés et risque donc d’accentuer à nouveau l’écart entre ceux qui savent gérer leurs parcours (les plus diplômés) et les autres, en accroissant les inégalités déjà existantes !

Par ailleurs, les transformations envisagées vont avoir des impacts sur de nombreuses structures (OPCA, OPACIF et FONGECIF, Chambres consulaires, etc…), les risques de « dommages collatéraux » dans les prochains mois, notamment en termes d’emploi, s’avèrent donc relativement importants.

Pour finir, l’évolution à marche forcée des OPCA en Opérateurs de Compétences, sur un modèle en réflexion en parallèle de la restructuration des branches, apporte une incertitude supplémentaire sur l’aspect opérationnel du système dès le 1er janvier 2019. Le gouvernement va-t-il s’obstiner à complexifier pour les actifs… ce qu’il devait simplifier ? Affaire à suivre ces prochaines semaines dans le débat parlementaire…