"Un coup de communication" : l'Unsa regrette d'apprendre par voie de presse les "recommandations" du ministre de l'Éducation

se unsa.pngStéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, a expliqué, sur france info, trouver “intéressantes” les recommandations de Jean-Michel Blanquer, mais la méthode de communication a déplu

Le deuxième syndicat d’enseignants de France est mécontent. “Arriver avec de nouveaux apports, de nouvelles idées (…), c’est intéressant. Mais ça ne peut pas passer par un coup de communication”, a déploré Stéphane Crochet, jeudi 26 avril sur franceinfo. Le secrétaire général du SE-Unsa a regretté d’apprendre les recommandations précises destinées aux enseignants pour l’apprentissage de la lecture ou encore de la grammaire par voie de presse, comme l’a fait le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer dans le Parisien, jeudi.

“Découvrir, là, comme ça, au travers d’une interview médiatique que le ministre souhaite de nouvelles façons de travailler, c’est évidemment nier leur engagement et leur professionnalisme”, a estimé Stéphane Crochet. Ces quatre circulaires sont publiées, jeudi, au Bulletin officiel de l’Éducation nationale. Elles détaillent avec une minutie rare des “recommandations” sur la meilleure manière d’inculquer aux écoliers les bases du calcul, de la résolution de problèmes mathématiques, de la lecture et de la grammaire. Des textes qui ne peuvent pas être le remède miracle, selon Stéphane Crochet.

Si tout était si simple que ce résumé en quelques pages, cela fait évidemment très longtemps que nous aurions dépassé toutes les difficultés scolaires

Si Stéphane Crochet a reconnu que ces textes contiennent “beaucoup de choses intéressantes”, “il n’est pas du tout évident que les choses soient aussi justes ou aussi simples qu’elles ne sont décrites dans ces recommandations”, a jugé le secrétaire général du SE-Unsa.

Agacé à l’idée que les enseignants ne découvrent ces recommandations en lisant le journal, Stéphane Crochet met également en garde le ministre contre un excès d’assurance et de simplisme. “Jean-Michel Blanquer semble vouloir dire qu’il sait pertinemment ce qu’il faut faire dans les classes et que ce n’est pas le cas aujourd’hui, c’est quand même une approche très simpliste de leur travail au quotidien”, a-t-il expliqué.

Cette démarche peut aussi aller à l’encontre de la liberté pédagogique des enseignants, nécessaire selon le syndicaliste, pour adapter l’enseignement au niveau et à la réactivité de la classe. “La liberté pédagogique, ce n’est pas un acquis des enseignants, c’est une nécessité pour mieux faire réussir les élèves, poursuit Stéphane Crochet. Il ne peut y avoir une méthode nationale qui saurait s’appliquer jour par jour dans toutes les classes de France.”