‪La discrimination syndicale : une discrimination comme les autres ?‪

logo-cairn.pngLa discrimination syndicale : une discrimination comme les autres ?

Enjeux et état des lieux

Thomas Amossé*, Jean-Michel Denis**

S’il en était besoin, les mouvements sociaux du printemps 2016 autour de la loi « Travail »1 ont rappelé la place centrale occupée par les syndicats en France. Le rôle qu’ils jouent, dans le débat public comme dans la vie des entreprises, n’a pourtant rien d’une évidence.

Entre droit d’expression des salariés et liberté économique des employeurs se pose la question des modalités de l’action syndicale, de la négociation au conflit (cf. par exemple Béroud et al., 2008). En miroir, les risques auxquels les militants et représentants syndicaux sont collectivement et individuellement exposés ont fait l’objet d’une attention accrue de la part des acteurs de terrain comme des chercheurs en sciences sociales2.

Intégrées à un large spectre de pratiques qui tendent à faire obstacle ou à décourager l’engagement syndical, ces situations ont principalement été combattues et analysées sous l’angle de la discrimination, c’est-à-dire comme une « inégalité de traitement fondée sur un critère interdit par la loi » selon la définition qu’en donne le Défenseur des droits3.

Comme nous le verrons, l’utilisation de la notion de discrimination n’est pas neutre :

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