L'ombre de licenciements secs plane sur IBM France

Selon l’intersyndicale d’IBM France, 700 salariés de l’entreprise se sont mobilisés la semaine dernière pour protester contre des licenciements secs envisagés par la direction qui va réduire de 360 le nombre de postes de son entité Global Technology Services.

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Assemblée Générale du 13 mai : Intervention du Délégué Syndical Central UNSA.

L’UNSA rappelle qu’elle est, comme l’ensemble de l’intersyndicale, contre tout licenciement et rappelle que PSE est l’acronyme de « plan de sauvegarde de l’emploi », Pour l’UNSA un seul mot d’ordre : zéro licenciements.

Rappel des derniers PSE chez IBM

  • 2013 – PSE MIXTE (qui a fini en volontaire) : -671
  • 2014 – PDV (objectif -438)  : -422
  • 2015 – PDV (objectif -345 )  : -251
  • 2016 – PSE GTS/IS (Objectif -360)

Ainsi entre 2010 et 2015 l’effectif a fondu de près de 3 000 personnes passant de 10 300 salariés actifs à 7 500

Quelques chiffres significatifs IBM France pour 2015 et ( 2014 )

bilan Résultat de l’exercice 2015 : 91,5 M€ ( 13 ) Crédit Impôt Recherche : 18,8 M€ ( 17,7 ) Crédit Impôt Compétitivité Emploi 2,3 M€ ( 2,7 ) Coût PDV 2015 ( 251 départs ) 35,3 M€

Ainsi la compagnie a touché plus de 20 millions d’euro de crédit d’impôt au regard d’un plan qui a coûté 35 millions d’euros. En quelque sorte le plan est financé pour plus de la moitié par nos impôts

Le projet d’externalisation de Global Administration vers Manpower.

L’UNSA a été scandalisée de la manière brutale dont ce projet a été présenté au personnel concerné :

Annonce par Conférence téléphonique de 26 minutes le 20 avril et depuis un grand « silence radio » de la part de la direction. Au CE Paris Banlieue impacté par plus de 80 départs, L’UNSA a tapé du poing sur la table pour que la direction organise une réunion d’information et d’échange en présentiel sur Paris et par conférence téléphonique pour les secrétaires de régions. La direction a enfin programmé une réunion le 13 mai.

Article de presse: le monde informatique du 18 mai 2016

Les syndicats d’IBM France ont protesté en bloc jeudi dernier contre le projet de réduction d’effectifs annoncé en avril dernier par la direction de l’entreprise. En cause, des licenciements secs évoqués par l’entreprise qui s’apprête à supprimer 360 postes sur le petit millier de salariés employés dans l’entité GTS (Global Technical Services) qui est spécialisée dans les services aux clients, et en particulier sa division IS (Infrastructures Services).

Selon l’Unsa, premier syndicat chez IBM France, le recours à des coupes franches serait une première dans l’histoire d’IBM France. « En réaction, la mobilisation a particulièrement été suivie à l’échelle nationale avec 700 IBM’ers rassemblés au niveau national, à Nice, Clermont- Ferrand, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Lille, Orléans, Nantes et Marne la vallée, ainsi que par les salariés du siège d’IBM qui étaient 400 à répondre à notre appel », a indiqué Pierry Poquet, délégué syndical central Unsa. Selon le syndicaliste, le plan de sauvegarde de l’emploi commencera par du volontariat mais, compte tenu de nombre de postes à supprimer et du profil des métiers visés, il se terminera par des départs contraints.

Pour l’intersyndicale CFE-CGC, CGT, FO, UNSA, CFTC, CFDT d’IBM France. Selon un tract, « les catégories professionnelles décrites par la direction dans ce plan n’en sont pas. Ces définitions permettent à la direction de supprimer les postes de personnes qui sont ciblées notamment pour les « technical services ». Lors de la présentation du Plan prévisionnel Triennal dans le cadre de la GPEC en décembre 2015, les catégories professionnelles décrites dans ce PSE n’existaient même pas. » De plus, le PSE devrait toucher un certain nombre de salariés de l’entité Digital Sales entraînant leur mutation forcée d’Orléans à Paris.

Externalisation d’une centaine de secrétaires chez Manpower

Dans le même temps, l’intersyndicale dénonce un projet d’externalisation d’activité, qui se traduira par la délocalisation d’une centaine de secrétaires de direction IBM à la société d’intérim Manpower et permettra à l’entreprise de réduire ses couts de 30%. « Ce projet s’intègre dans la stratégie de délocalisation des activités d’IBM des pays d’Europe de l’Ouest vers ceux d’Europe de l’Est, où le prix moyen du travail est plus faible. », déplore Pierry Poquet. Pour le représentant syndical, il est inévitable que la pérennité des emplois ne pourra être garantie chez IBM France, de nombreux métiers qualifiés étant menacés par des spéculations sur les coûts du travail et par l’accroissement des profits en délocalisant les activités dans des centres de compétences situés dans les zones nearshore et offshore de Big Blue. D’autant plus que la GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) d’IBM France prévoit de supprimer au moins un millier de postes de fin 2014 à fin 2018. En conséquence, l’intersyndicale compte appeler à une nouvelle mobilisation dans les semaines qui viennent.