Assistants maternels : professionnels mais aussi salariés à part entière

Le rapport de Sylviane Giampino sur le « développement du jeune enfant, modes d’accueil et formation des professionnels » a été remis à la ministre Laurence Rossignol le 9 mai 2016 en présence de nombreux professionnels, dont l’UNSA ASSMAT.

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La ministre, qui a chaleureusement remercié l’auteur de ce « rapport-guide », a d’abord rappelé que la France a un taux de natalité et un taux de fécondité des femmes parmi les plus élevés d’Europe, ce qui entraîne que 55 % des enfants de moins de 3 ans fréquentent un mode d’accueil.

Elle s’est engagée à « élaborer un texte cadre national pour fonder une identité professionnelle commune aux acteurs de l’accueil du jeune enfant » et annonce « un plan d’action sur les métiers liés à la petite enfance ».

Ce rapport très riche et centré sur les dernières connaissances des besoins du jeune enfant comporte 108 préconisations dans quatre domaines :

  • point scientifique sur le développement du jeune enfant,
  • relations avec les parents et mode d’accueil,
  • organisation des modes d’accueil collectifs (crèches) et individuels (assistants maternels),
  • formation des professionnels.

Perspectives d’évolution

Pour sa part, l’UNSA ASSMAT se réjouit des propositions concernant la professionnalisation des assistants maternels et la possibilité d’entrevoir une évolution de carrière par la création de passerelles d’un niveau à l’autre de diplôme des métiers de la petite enfance.

En effet, les assistants maternels n’ont actuellement aucune perspective d’évolution, ce qui explique en partie le renouvellement important (la moyenne d’ancienneté dans le métier est pour l’instant de 7-8 ans).

En lien avec le CAMAM (collectif pour l’avenir du métier d’assistante maternelle), notre organisation syndicale demande depuis plusieurs années une formation diplômante et une refonte du CAP petite enfance pour qu’il soit mieux adapté à notre profession.

Nous sommes favorables à l’allongement de la formation initiale des assistants maternels (actuellement 120 h), en vue de l’obtention d’un diplôme et l’adjonction d’un stage.

Une très bonne préconisation dont nous étions également demandeurs : faciliter le départ en formation continue en évitant aux parents de faire l’avance des salaires et en organisant la prise en charge des enfants pendant ce temps de formation.

Permettre à certains assistants maternels de devenir tuteurs et de soutenir le développement d’associations d’assistants maternels pour les sortir de leur isolement ne peut que rendre ce métier plus attractif.

L’UNSA ASSMAT apporte son soutien à une très grande partie des préconisations qui, si elles sont mises en œuvre, présentent une grande avancée tant sur l’accueil du jeune enfant que sur celui de l’attractivité de la profession et l’amélioration de son image.

Pas de tiers dans la contractualisation

Toutefois, nous nous élevons vigoureusement contre l’instauration d’un tiers dans la contractualisation. En clair, nous ne voulons pas que les relais d’assistants maternels (RAM) , les services de protection maternel et infantile (PMI) ou autre instance s’immiscent dans la négociation, la signature et l’application du contrat de travail.

Les assistants maternels se plaignent déjà beaucoup et nous disposons de très nombreux témoignages sur tout le territoire, de pressions à leur égard et de renseignements erronés donnés aux parents employeurs, sources de conflits dont certains se terminent aux prud’hommes. En effet, la culture et la vision première des RAM ou PMI sont le bien-être et l’épanouissement de l’enfant mais ils n’ont aucune formation ni compétence juridique.

Renoncer à ses droits de salarié pour privilégier une bonne relation avec le parent employeur ne peut être une solution envisageable.

Nous n’accepterons pas de main mise sur notre profession, ce qui pourrait mener tout droit à l’instauration d’un salaire unique.

Les assistants maternels veulent se professionnaliser mais être aussi des salariés à part entière.

Nous nous insurgeons contre cette vision préconçue et erronée de « trianguler la relation entre employeurs et employés pour réguler les rapports de force, voire de domination ». Notre syndicat traite chaque jour de nombreux dossiers dans lesquels ce sont les salariés qui ne sont pas remplis de leur droit et victimes d’employeurs peu au fait de la législation, insouciants ou indélicats.

Ce qui nous fait déplorer une fois de plus que la parole des assistants maternels a été très peu représentée parmi les 120 participants à la mission puisqu’une seule association a été intégrée à une commission et aucun syndicat représentatif ou non de la branche n’a été entendu.