La qualité de vie au travail des fonctionnaires joue les prolongations

dialogue social La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, tente de sauver l’accord sur la qualité de vie au travail des fonctionnaires en prolongeant la négociation avec les organisations réfractaires : la CGT, FO, la FSU et Solidaires. Quatre syndicats qui attendent des avancées concrètes en matière d’emploi public et de rémunérations des agents publics.

L’accord sur la qualité de vie au travail des fonctionnaires semblait définitivement enterré, vendredi 20 février, lorsque la CGT, FO, la FSU et Solidaires ont fait savoir au ministère de la Fonction publique qu’ils ne signeraient pas le protocole d’accord.

Pour être validé, un accord doit être signé par des syndicats dont la base électorale additionnée pèse plus de 50% des électeurs aux dernières élections professionnelles. L’addition de la CGT (23,1% pour l’ensemble du secteur public) + FO (18,6%) + FSU (7,9%) + Solidaires (6,8%) = 56,4%. L’accord était donc invalidé, le poids cumulé de la CFDT, de la CFTC, de la CFE-CGC, de l’Unsa et de la FAFP, signataires, étant minoritaire.

Rendez-vous en septembre

Le ministère de la Fonction publique a toutefois indiqué, dans la soirée du vendredi 20 février : “La ministre, Marylise Lebranchu, regrette que ce projet d’accord ne recueille pas à ce jour la signature de l’ensemble des organisations syndicales. Compte-tenu de l’importance de ce projet, la ministre a décidé de laisser un délai supplémentaire, jusqu’au mois de septembre, aux organisations syndicales non signataires.” Le ministère observe que ce projet a donné lieu “à un travail très constructif pendant un an avec les organisations syndicales et les employeurs publics”.

Le ministère précise que “cela n’a pas d’impact direct sur la poursuite du dialogue social et que les organisations syndicales ont toutes fait connaître leur engagement dans la poursuite de l’agenda social de la fonction publique et leur participation active aux discussions ouvertes ce 1er semestre, notamment sur l’avenir de la fonction publique et la rénovation des parcours professionnels, des carrières et des rémunérations”.

Une prolongation qui interpelle. En effet, la CGT, FO, la FSU et Solidaires ne contestent pas l’intérêt et les avancées du texte en lui-même. Leur rejet marque davantage leur opposition à la politique du gouvernement en direction de la fonction publique : suppressions de postes dans les ministères jugés “non prioritaires”, gel du point d’indice, réduction des enveloppes catégorielles, etc.

“Il faudrait que le gouvernement fasse des avancées concrètes sur ces sujets, réagit Denis Turbet-Delof, délégué général Solidaires Fonction publique, par exemple en annonçant une hausse généralisée des rémunérations des agents.” Une décision qui relève davantage de Matignon ou de l’Elysée. En retardant la signature de l’accord sur un sujet qui semble consensuel, Marylise Lebranchu s’évite donc un camouflet et se donne le temps de voir venir. En espérant disposer d’ici l’automne de nouvelles marges de manœuvre budgétaires pour tenter de séduire les organisations syndicales.